PLEASURE GARDEN

En 1749, Pehr Kalm décrit longuement les cultures et les potagers des habitants de la Nouvelle-France, mais il ne fait aucune référence aux plantes ornementales qui y figurent. Pourtant, quarante ans plus tard, Thomas Anbury, qui publie lui aussi un journal de voyage, mentionne : «Le goût des fleurs parmi toutes les classes de la société canadienne française est presque généralisé.»

Dans le Jardin du Gouverneur, les fleurs propres au XVIIIe siècle sont concentrées dans le jardin ornemental, mais on les retrouve aussi dispersées dans les autres carrés ou le long des murs. Par ailleurs, les parterres donnant sur la rue Notre-Dame, créés au XIXe siècle lors de l’ouverture du Musée, contiennent des plantes de cette époque. On y retrouve encore des pivoines, hémérocalles, lys et hortensias voisinant avec des hostas et des astilbes.

Elle était cultivée en Nouvelle-France surtout pour ses propriétés médicinales. En effet, l’achillée est connue depuis des millénaires pour guérir les plaies, les ulcères et les hémorroïdes saignantes. Elle doit son nom au héros de la mythologie grecque, Achille, qui s’en servit pour guérir les blessures du roi Téléphe. En Amérique du Nord, la plupart des groupes autochtones l’employaient. Ils l’appelaient «queue d’écureuil»,

à cause de la forme de ses feuilles. Son huile essentielle a une action anti-inflammatoire. En usage externe, on emploie l’infusion sous forme de compresses dans le traitement des plaies.

Appelé Dianthus, fleur divine, par le philosophe et botaniste grec Théophraste, il est cultivé depuis plus de 2000 ans pour son odeur et sa beauté. Dans la Rome ancienne, il était connu comme la fleur de Jupiter. En Chine, il était utilisé pour ses vertus médicinales et mentionné dans les anciens herbiers chinois pour le traitement des infections des voies urinaires. Il était très populaire en France au XVIIe siècle. Sa culture passionnait autant les nobles que les paysans. Cet intérêt a persisté jusqu’au début du XXe siècle.

L’hémérocalle fauve est originaire du nord-est de l’Asie. Elle a été amenée d’Europe à titre de plante ornementale et s’est naturalisée en Amérique du Nord. Ses fleurs ne durent qu’une journée et ne produisent aucune graine. Elle se multiplie de façon végétative à partir de fragments qui s’enracinent.

L’iris est cultivé depuis la nuit des temps. On le retrouve sur les murales des temples d’Egypte, il y a près de 4000 ans. Au Moyen Âge, il est utilisé pour ses vertus médicinales, et odorantes dans le cas de certaines espèces dont les racines broyées sentaient la violette. L’iris, qui a la couleur du ciel, est la fleur de Florence et de la Toscane. En France, en 1147, Louis VII adopte l’iris jaune comme emblème de la France. L’iris s’est répandu dans tout l’hémisphère Nord et comprend de très nombreuses espèces, aussi bien vivaces que bulbeuses. C’est à cette dernière catégorie qu’appartient l’iris versicolore qui pousse à l’état naturel dans toutes les régions du Québec… et qui en est la fleur emblématique.

De la même famille que les topinambours, cette fleur est originaire d’Amérique centrale, où elle était déjà cultivée, il y plus de 3000 ans. Elle peut s’élever jusqu’à trois mètres de hauteur et sa fleur peut atteindre jusqu’à 80 cm de diamètre. Le tournesol doit son nom à la faculté qu’il a de suivre le soleil dans sa course. Les Iroquoiens le cultivaient pour ses graines. En Europe, le tournesol fut d’abord considéré comme une curiosité, puis comme une friandise. C’est au 19e siècle que sa culture est réalisée à grande échelle. Au Québec, il est cultivé très tôt.